Erik Clavery - Transmartinique
Erik Clavery - Transmartinique

Compte Rendu d’Erik Clavery, 3èmè à la Transmartinique

Samedi 6 décembre 2014 : Trans Martinique – Grand’Rivière / Sainte Anne : Course au courage

Comme en 2013, la Trans Martinique conclue ma saison sportive 2014 ponctuée de problèmes physiques et déceptions sportives.

La Trans Martinique, ce sont 138km et 5600m D+ avec un plateau international. Antoine Guillon, double vainqueur et spécialiste d’ultra trail, Oscar Perez Lopez, …

Malgré les prévisions, c’est un temps clément qui nous accompagne sur l’épreuve. Le départ est donné à 3h du matin pour les 350 participants au pied de la Montagne Pelée.

Le début de course est progressif et le peloton s’étire sur les premières rampes. Des groupes se forment, et après quelques minutes, me voilà en tête avec mon ami québécois Florent Bouguin.

Le temps est sec, l’ascension se déroule sur une bonne allure. La montée finale se fait plus raide, mains au sol, avec quelques passages d’échelles voir de marches naturelles de plus d’un mètre. Le sommet est matérialisé par un flash lumineux que nous voyons de loin. Florent suit le train que je mène, un petit groupe de 3-4 coureurs 200m plus bas. En haut, nous prenons le temps d’admirer le sommet du cratère de la montagne Pelée en ombre chinoise devant la pleine lune. C’est maintenant la descente, durant laquelle Alexandre Hayetine emmené par Antoine reviennent sur nous au bénéfice d’une portion technique. Nous poursuivons à quatre jusqu’au premier ravitaillement.

Erik Clavery - Transmartinique

Erik Clavery – Transmartinique

Des ravitaillements plus ou moins longs me permettent de ressortir en tête. Je pars à mon allure sans me calquer sur mes concurrents et m’enfonce dans la forêt tropicale sans voir de frontales derrière. J’arrive à Sainte Cécile en tête, le jour se lève tout juste. Je n’ai toujours pas vu le trio qui me suit, et repars vers Saint Joseph pour une portion que j’appréhende car la moins à mon avantage. Cinq montées d’environ 400m de dénivelé nous attendent. Je les enchaine à mon rythme, sans me préoccuper des autres, n’ayant aucun repère concernant les écarts.

Dès la quatrième montée, je ressens quelques tensions musculaires et les prémices de crampes. Le temps est pourtant beaucoup plus clément que l’année passée et les conditions de terrain beaucoup plus carrossables. Je poursuis pourtant à mon train.

Au sommet de cette difficulté, je vois revenir Florent et nous continuons ensemble jusqu’au ravitaillement suivant, au pied du dernier obstacle avant Saint Joseph. Un regroupement s’effectue juste après ce ravitaillement intermédiaire entre notre binôme et celui d’Antoine et Alexandre. Dans la montée suivante, la puissance me manque et ils me décrochent. Le sommet arrive bientôt puis c’est la descente sur la première base de vie. Les sensations commencent à être médiocre et je pars quelques secondes après Florent qui me sème d’entrée. Je suis alors 4ème.

Le soleil est bien levé et nous partons pour la traversée du centre de l’ile. Malgré un voile nuageux, la chaleur nous écrase sans le moindre souffle d’air. Je suis de plus en plus en difficulté. Florent et Alexandre sont pourtant juste devant.

Erik Clavery - Transmartinique

Erik Clavery – Transmartinique

Je commence à ne plus avoir de souffle, à souffrir de la chaleur. Obligé de marcher dans les montées. Le point d’eau suivant est très long à venir. Je suis en grosse difficulté : le coeur s’emballe, le souffle ne revient pas, même après quelques minutes d’arrêt à l’abri d’un arbre ou à l’ombre d’un abris bus. Je profite de chaque rares maisons pour demander aux habitants de l’eau pour me rafraichir, mais rien n’y fait, malgré la chaleur j’ai la chair de poule qui s’ajoute au reste. Je commence à avoir des étourdissements et je multiplie mes marches voir mes arrêts. J’entame la montée de Roche Carrée et toujours pas de trace du point d’eau prévu. Et toujours pas d’air. Je suffoque.

Renaud Rouanet et Stéphane Brogniard me double l’un après l’autre. Mais ils sont proches de mon état. Dans la montée vers une propriété, je m’étends sur le bas-côté à l’ombre d’un des rares arbres. Marc Raquil, consultant Canal+, vient à ma rencontre et me rassure. Le ravitaillement est à 300m ! Je me relève et marche jusqu’au ravitaillement. Mais mon état me fait peur et je suis décidé à abandonner. Au ravitaillement, je m’allonge et reste quelques secondes sous un robinet puis je me ravitaille. Après 10 minutes, je repars finalement, l’ascension est presque terminée. Je verrais au ravitaillement du François. Je marche la plupart du temps, suffoquant au moindre effort et n’arrivant pas à retrouver mon souffle lorsque je m’arrête. Malgré tout, je redouble Renaud et Stéphane qui souffrent également d’insolation. J’arrive au François avec un bon retard sur les trois premiers. A nouveau un long ravitaillement où j’hésite entre poursuivre et continuer. Je m’arrose, m’alimente, m’hydrate et finalement je repars après l’arrivée de Renaud et Stéphane. Ce dernier abandonnera finalement ici.

Mon prochain objectif est Le Vauclin. Je suis encore dans la souffrance et l’ascension de la Montagne du Vauclin approche. Malgré la chaleur, mon souffle revient peu à peu dans cette montée et j’arrive à progresser plus efficacement.

Je conserve au terme de cette étape mon avance sur Renaud et suis maintenant décidé à terminer la course. Le soir venant, la chaleur se fait moins pesante et j’arrive à la longue partie côtière du Sud Caraïbes. La nuit est là et j’arrive par miracle à relancer. Je termine cette portion de 33km à une belle allure qui me permet au détriment de la grosse défaillance d’Alexandre de prendre la troisième place et de franchir la ligne sur le podium. Même si je suis loin de l’année passée, j’obtiens un résultat inespéré au vu de la difficulté vécue cette journée.

Podium : Erik Clavery - Antoine Guillon - Florent Bouguin

Podium : Erik Clavery – Antoine Guillon – Florent Bouguin

Je reste content d’avoir su surmonter les difficultés et retrouver le moral et la force pour terminer à cette 3ème place. Comme quoi tant que la ligne n’est pas franchie tout peut arriver et il faut se battre jusqu’au bout ! Je continue à apprendre et j’ai pu voir les prochains axes de progrès.

Je remercie tout ceux qui m’ont soutenu et ont cru en moi en 2014 malgré mes déconvenues, partenaires, famille, amis et supporters

2015 sera une nouvelle saison dont les objectifs ne seront pas des moindres, et les leçons de cette année me seront d’une grande utilité pour mes objectifs 2015 que sont l’UTMB fin aout et le Grand Raid de la Réunion courant octobre !

TOP 5 :

  • 1- ANTOINE GUILLON en 16h25mn
  • 2- FLORENT BOUGUIN en 17h56mn53s
  • 3- ERIK CLAVERY en 18h30mn
  • 4- LUDOVIC CHEVALLIER en 19h46mn15s
  • 5- RENAUD ROUANET en 20h01mn55s

http://www.erikclavery.com/

Erik Clavery - Transmartinique

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