Montagn'Hard - Martine Volay
Montagn'Hard - Martine Volay

La Montagn’Hard : Compte rendu de Martine Volay

 

Affiche La Montagn'Hard 2014

Affiche La Montagn’Hard 2014

Je vais commencer par le bilan : 110 km – 8 800 m + en 22 h 15 –

1ère féminine ex_aequo

Tout commence en 2012 où Olivier m’invite sur la montagn’hard. 3 distances au programme : 39, 60 et 107 km.

Je choisirais le 39 km avec quand même 3 200 m de dénivelée positif. Un beau défi où je prendrais beaucoup de plaisir.

En 2013, avec un programme de courses déjà bien chargé, je serais bénévole et plus particulièrement serre-fil sur la première partie du 39 km, jusqu’à Bionnassay.

Cette année, Chris veut absolument que je cours le grand parcours. J’hésite, car cette course contrairement à beaucoup d’autres, me fait peur, le rapport dénivelée/distance est tellement important. En suis-je capable ? Je ne sais pas.

Olivier me propose d’être la marraine de l’épreuve et Alice me fait l’honneur de dessiner ma silhouette sur l’affiche 2014.

Je n’ai plus le choix, je dois venir, mais sur quelle distance. Refaire le 39, ou découvrir le 60 ou le 107 km.

Je me décide un mois avant et ce sera le grand parcours malgré mon angoisse. Chris est heureux.

Vendredi 4 juillet, après un passage rapide à Saint Nicolas de Véroce pour récupérer mon dossard 222 et saluer tous les amis , retour chez Sébastien qui nous hébergera à Passy. La traditionnelle pizza devant le match de foot Déçu et c’est parti pour une petite nuit de sommeil.

Debout 3 h, il pleut. La météo ne s’est pas trompée.

Tous les sacs sont prêts : les ravitos, le change pour Chris et pour moi. La journée va être longue.

Nous sommes les premiers à arriver à Saint Nicolas de Véroce, le village semble encore endormi.

Montagn'Hard - Martine Volay

Montagn’Hard – Martine Volay

Après les dernières consignes d’Olivier, nous voilà partis sous la pluie. Un peloton de 200 coureurs environ s’élance pour une aventure hors norme.

Contrairement à d’habitude, je me place au milieu du peloton pour ne pas partir trop vite, car je sais que ce sera la clef de la réussite. Il faut gérer jusqu’aux Contamines, être en dedans.

Je suis tranquillement le rythme lors de la première montée, mais déjà j’étouffe sous ma veste goretex.

J’arrive aux Toilles, le premier ravito juste derrière Sébastien et Xavier en 1 h 53. Chris avait prévu 1 h 55. Pas mal calculé. Je récupère un bidon de boisson énergétique que Chris m’a préparé, j’attrape rapidement un morceau de pain et du fromage et c’est reparti.

Montagn'Hard - Martine Volay

Montagn’Hard – Martine Volay

Direction le Prarion et ses 1 969 m, dommage pour la vue sur le Mont Blanc, il ne pleut plus mais les nuages sont là. Fabrice m’accompagnera un bout de chemin.

J’atteindrai le ravito de Bionnassay en 3 h 45. Tout va bien. Je prends le temps de me poser 5 mn pour bien me ravitailler. Mon « coach » a tout préparé, il est au « taquet ». Puis je repars tranquillement en marchant et en continuant à manger.

Prochain objectif : les chalets de Miage. Je connais bien la montée au col du Tricot avec ses 2 120 m que je trouve assez régulière. Mon rythme est bon, je pousse sur les bâtons pour monter les marches en appliquant la méthode de Roland Air’Z. Par contre, je n’aime pas cette descente jusqu’aux chalets, elle a été rendue glissante par les fortes pluies qui sont tombées.

Je remplis mes bouteilles au ravito de Miage, avale quelques tucs et noix de cajou et je repars en compagnie d’Etienne. On tapera un peu la causette lors de la montée du Truc.

Puis après une courte descente, c’est la montée au refuge de Tré-la-Tête (1 970 m) sous le soleil qui a fait son apparition, par un sentier magnifique où nous traversons le torrent à plusieurs reprises. J’aperçois Corine deux lacets au dessus de moi. Je ne m’affole pas, il faut gérer. Le bagnard nous attend au refuge avec sa bière (et ses jus de fruits).

Le début de la descente s’annonce un peu technique, je suis maintenant seule. Je prends mon temps, ce serait dommage de se faire une entorse. Je suis doublée par le premier du 60 km qui m’encourage. Puis le chemin s’élargit pour arriver sur une piste direction Notre Dame de la Gorge. Ce sera ensuite une grande portion de plat (la seule), où l’on peut dérouler jusqu’au village des Contamines situé au 51e km sur mon GPS.

Chris est là. Je m’assois, prends le temps de m’alimenter. Il me sert ce que j’ai envie. Il m’encourage car c’est maintenant que la course commence vraiment.

Un gros morçeau nous attend avec le Mont Joly et ses 1 500 m d’ascension. Le départ est assez raide dans les bois. Après un petit replat, une piste nous amène jusqu’à la bifurcation du 60 et du 107 km. Je ne me pose même pas la question, je continue mon bonhomme de chemin, je suis bien. Corine est toujours 200 m environ devant moi avec son mari, que je rattraperai un peu avant le sommet. Il m’encourage.

 

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Montagn’Hard – Martine Volay

Le sommet du Mont Joly (2 525 m) est très caillouteux. D’ailleurs, je prends mon temps pour descendre les premiers 200 m de dénivelée. Le ravitaillement est situé à l’Etape à 1 500 m. Je suis surprise à mon arrivée de ne pas entendre Chris. D’habitude, je l’entends « 1 km avant ! ». En fait, il a laissé mes affaires à l’épouse d’un concurrent. Il avait peur de me louper au Bolchu.

Je retrouve Corine, on se ravitaille ensemble. J’avale une assiette de pâtes histoire de bien recharger les batteries.

Il faut maintenant rejoindre le col de la fenêtre et ses 2 245 m. Je double Corinne, elle me redouble, etc… Personne ne lâche. Je prends quand même le temps d’admirer la vue au col avant de rejoindre le ravitaillement du Bolchu où j’aperçois la tente du ravito au loin et surtout j’entends Chris. Avec ses jumelles il me voit de loin.

Le coin est superbe pour un pique-nique, mais ce sera pour une autre fois. 80 km à mon compteur et 15 h de course. Je change de garmin. Corine arrive derrière moi mais ne prends pas le temps de s’arrêter et repart aussitôt. Jean-François a filmé mon ravito (merci beaucoup).Chris me montre au loin le monument et me donne rendez-vous là-bas 3 h plus tard (il a été un peu optimiste).Incertain

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Montagn’Hard – Martine Volay

En effet, nous prenons complètement la direction opposée vers le rocher des enclaves (2 389 m). Une succession de petites montées et descentes où on peut enfin courir. Le soleil est en train de se coucher et le paysage est grandiose (dommage je n’ai pas pris d’appareil photo). Nous passerons le pierrier juste avant la nuit. Je dis nous car je cours depuis quelques temps avec Corine.

Nous apercevons au loin le barrage de la Girotte . Nous sommes chouchoutés au ravito. On serait bien resté un peu plus mais on n’est pas d’ici Rigolant. 2 compagnons de route nous accompagnent, mais ils n’arriveront pas à nous suivre dans le kilomètre vertical qui nous mène au col du Joly et au Monument pour l’ultime ravitaillement. Dré dans le pentu dans l’herbe, on a les pieds trempés.

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Montagn’Hard – Martine Volay

Nous sommes accueillis par les cloches que Chris et Alice font sonner à tue-tête. Il nous aura fallu 4 h et non 3 mais nous sommes quand même en avance par rapport aux prévisions de Chris. Il fait chaud sous la tente (surtout ne pas trop rester). Je m’habille un peu histoire de ne pas prendre froid sur la crête.

Ca y est, dernière ascension pour le Mont Joly (encore lui), mais cette fois-ci en passant par les aiguilles croches. Le vent est froid, il ne faut pas s’arrêter. Chacune notre tour, nous « faisons la trace ».

J’ai oublié de vous dire que nous avons décidé de terminer ensemble cette aventure. Pour moi, il n’était pas concevable de ne pas finir ensemble cette course que nous avons partagé de si près.

Les derniers mètres jusqu’au sommet nous paraissent interminables. 1 300 m de descente pour rejoindre Saint Nicolas, ils ne seront pas facile car Corinne a les pieds meurtris. Les coureurs que nous avons lâché dans la montée nous redoublent, mais cela n’a pas d’importance.

On savoure les derniers mètres dans le village main dans la main. Olivier, Chris et le mari de Corine sont là pour nous accueillir.

Nous sommes finishers de ces 110 km à mon compteur. Nous nous embrassons. Je suis cuite mais heureuse.

Cette course est magnifique, les paysages sont somptueux. Je suis très contente de l’avoir terminée, première en plus, en étant marraine de l’épreuve.

Dimanche , je remettrai les prix de la « mini’hard » à tous ses futurs champions !

Martine Volay et Sangé Sherpa

Martine Volay et Sangé Sherpa

Merci à Chris, qui était aussi crevé que moi. Cette victoire, elle est aussi pour lui. Je sais qu’il y tenait.

Merci à Olivier et à toute son équipe de bénévoles, vous avez été formidables.

Merci à tous ceux qui m’ont suivi par le net, envoyé des messages d’encouragements.

Merci à Sébastien et Najia pour leur accueil.

Spéciale mention à mes deux soutiens : Pat et ses « Brut de Fleurs » et Philippe et son super blog « The Pink Runner »

Bravo à tous les coureurs. Rien que de s’engager sur cette épreuve constitue un sacré défi !

Les Vainqueurs 2014 : Martine Volay et Sangé Sherpa

 

 

About Goran Mojicevic

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