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Ski hors-piste : Les règles de sécurité à adopter !

Avec 36 morts pour cause d’avalanche en 2018, le ski hors-piste fait chaque année son lot de victimes. Et pourtant, ces chiffres de personnes mortes, parfois ensevelies par la neige ou encore blessées, n’ont jamais découragé les amateurs de ce sport sensationnel. Bien au contraire, le nombre de pratiquants de ski hors-piste semble augmenter chaque année. À cet effet, il convient donc pour un sport aussi prestigieux, mais risqué de prendre certaines précautions avant de se mettre à la glisse. Ainsi, quelles règles de sécurité adopter en ski hors-piste ?

Le ski hors-piste : un sport pas comme les autres

Moins médiatisé que le foot, le rugby ou encore le tennis, le ski hors-piste est une discipline qui fait de plus en plus d’adeptes. En effet, ce sport très sensationnel attire de nombreuses personnes hors de pistes balisées des stations de ski chaque année. Ici, les gens apprécient davantage le risque, la sensation de liberté et surtout l’ambiance naturelle que procure la montagne. Ainsi, évoluer sur des pentes de neige poudreuse non damées est pour de nombreux skieurs expérimentés l’occasion de trouver facilement une glisse plus proche de la nature.

Néanmoins, dans la pratique du ski hors-piste, l’expérience n’est pas le seul facteur de réussite de la glisse. Bien au-delà, il faut compter avec le climat, la montagne, mais aussi beaucoup de chances. Car, bien que très intéressante et palpitante, l’avalanche à elle seule cause par exemple la mort d’une trentaine de personnes chaque année. D’autres risques aussi spectaculaires que dangereux emportent certains téméraires tous les ans. Et pourtant, la glisse en hors-piste est plus que jamais populaire. Elle a même donné naissance à une forme de ski très spectaculaire connue sous le nom de ski freeride.

Ski hors-piste : les principaux dangers

Tous les sports ont des avantages et des inconvénients. À cet effet, le ski hors-piste ne fait donc pas exception. Cependant, les risques ici sont plus grands. D’abord, c’est un sport de montagne. Or, d’après l’Institut de veille sanitaire, les sports de montagne sont les plus dangereux en France. Ensuite, le ski hors-piste, surtout dans sa version Freeride, fait partie des 10 sports les moins assurés en France. Et enfin, l’activité en elle-même est déconseillée, sauf qu’elle n’est pas interdite. Cela dit, quels sont les dangers que vous êtes susceptibles de rencontrer dans la pratique du ski hors-piste ?

Les accidents du terrain naturel (trous, rochers…)

Les accidents du terrain sont l’une des causes de morts tragiques ou de blessés graves enregistrées dans le domaine du ski hors-piste. Imprévisibles, voire invisibles, de nombreuses personnes en sont mortes, à l’instar du chanteur Sonny Bono, membre du duo « Sonny and Cher ». Ce dernier trouva la mort le 5 janvier 1998 en percutant un arbre. Mais, à l’instar des arbres ou des arbustes qui représentent un réel danger, il y a aussi les rochers et les trous. Il faut donc craindre aussi bien les avens, les crevasses que les torrents et les ravines.

Les accidents causés par la variabilité du manteau neigeux

Les skieurs hors-piste connaissent bien ces phénomènes très imprévisibles en montagne. Il s’agit surtout des risques d’avalanche. La météo peut prévenir certes, mais le seul passage d’une équipe de skieur hors-piste peut déclencher quelquefois des avalanches. Il peut aussi arriver des avalanches non annoncées par le service météorologique. Les conséquences dans l’un ou l’autre des cas sont déplorables. Ainsi, si le rider julien Lopez a su s’échapper d’une avalanche en 2014, il n’en sera pas de même pour le prince Friso d’Orange-Nassau des Pays-Bas. En effet, ce dernier meurt à La Haye le 12 août 2013, deux ans après avoir été pris dans une avalanche qui l’a mené droit au coma. Et pourtant, il était réputé pour son expérience en tant que skieur hors-piste.

D’autres variabilités du manteau neigeux peuvent être également source de danger pour le skieur hors-piste. C’est le cas par exemple de la qualité de la neige qui peut parfois être formée de croutes, de grattons ou de tôles.

Les incidents liés à l’isolement et à l’égarement

S’il y a une chose que doit craindre tout bon skieur hors-piste, c’est l’isolement. C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles il est conseillé d’être toujours accompagné dans la pratique de ce sport. En effet, l’isolement peut compliquer en cas de nécessité le sauvetage. Par ailleurs, on peut également s’égarer en montagne. Cela est souvent causé par les brouillards et les chutes de neige qui peuvent occasionner une faible visibilité. Quelle que soit votre expérience, il est donc impérieux de respecter les règles de sécurité.

Ski hors-piste : les règles de sécurité

Elles ne sont jamais optimales, mais lorsqu’elles sont suivies, elles permettent de minimiser les risques lors de la pratique du ski hors-piste. À cet effet, ces règles de sécurité vont de l’expérience personnelle à l’équipement en passant par la connaissance du domaine hors-piste où l’on veut se faire plaisir.

Règle n1 : l’expérience personnelle

Faire du ski hors-piste est véritablement dangereux ; c’est d’ailleurs pour cela qu’il existe des pistes bien damées et ouvertes au public. Ainsi, si vous n’avez pas une certaine expérience dans le ski sur piste, inutile alors de vous risquer hors-piste. Mais, si vous insistez, faites-vous accompagner d’un professionnel qualifié. En outre, l’expérience personnelle, c’est également bien connaitre son itinéraire. Et pour ça, se renseigner auprès des autres pratiquants n’est pas une fin en soi.

Règle n2 : l’équipement

Quand on parle d’équipement, il s’agit aussi bien de vos skis, de votre habillement, mais aussi d’un certain nombre de matériels de secours. À cet effet, un skieur hors-piste doit être plus scrupuleux dans la qualité de son équipement qu’un skieur ordinaire. Ainsi, de façon globale, il s’agit de :

  • votre ski : il se différencie du ski ordinaire par sa taille très importante. Aussi longue que votre taille, sa largeur doit dépasser les 115 mm, ce qui facilite les virages ;
  • vos chaussures : elles sont semblables à celles des skis ordinaires, sauf qu’ici elles nécessitent un collier moins incliné vers l’avant. Elles doivent également avoir des amortisseurs pour encaisser certains chocs ;
  • vos bâtons : ils ne se différencient en rien des bâtons de ski ordinaires ;
  • votre casque : il est utile pour protéger la tête en cas de chute. En 2014, cet équipement avait sauvé la vie à l’ancien coureur automobile Michael Schumacher dans la station de Méribel en Savoie ;
  • votre masque ou vos lunettes : l’un ou l’autre est utile pour protéger vos yeux de la réverbération des rayons sur la neige ;
  • vos gants : cet équipement est nécessaire pour vous protéger du froid ;
  • votre ARVA : se définissant comme Appareil de recherche de victimes d’avalanche, c’est un émetteur-récepteur qui permet de localiser une victime ensevelie suite à une avalanche. L’ARVA s’accompagne, pour être au complet, d’une pelle et d’une sonde ;
  • votre sac à dos ABS : s’équiper d’un sac de ski airbag pour vos sorties à la montagne permet d’augmenter de façon importante vos chances de survie en cas d’avalanche. Cet équipement a par exemple permis à julien Lopez de survivre après son accident de 2013 ;
  • votre kit de premiers soins et vos moyens de communication : sans pour autant encombrer votre sac, ils sont utiles pour soigner rapidement une plaie ou pour appeler rapidement les secours, etc.

Règle n3 : être toujours en groupe

On ne le dira jamais assez, il est inutile de faire du ski hors-piste en solitaire. Toujours partir accompagné est le maitre mot. En effet, les cas de chute sont assez récurrents, et il faut bien que vous soyez sauvé par quelqu’un. En outre, en ski hors-piste, si tout se fait en équipe, en pratique, il faut respecter le 1 à 1. Chacun a son tour pour rider, le temps que votre coéquipier vous observe et puisse vous porter assistance en cas de pépin. Par ailleurs, cela diminue nettement les risques d’avalanche. Aussi, prévenir le guide de montagne ou le poste de secours de votre destination et de l’heure approximative de votre retour est une mesure clé de sécurité.

Règle N4 : s’informer sur les conditions climatiques

Si vous n’avez aucune information sur les conditions climatiques (ce qui est peu probable), prière rester chez vous ! En effet, tout bon professionnel se renseignera sur les risques d’avalanche avant toute sortie hors-piste. Le bulletin d’estimation du risque d’avalanche (BRA) est émis par Météo France et est disponible en temps réel sur internet. Mais, vous pouvez le trouver également auprès des professionnels en station ou des postes de secours. Renseignant selon 5 niveaux de risque d’avalanche, vous avez :

Risque 1 : Faible

Le manteau neigeux est bien stabilisé. Les déclenchements d’avalanches ne sont en général possibles qu’en cas de fortes surcharges sur de très rares pentes raides.

Risque 2 : Modéré

Le manteau neigeux est bien stabilisé, excepté dans quelques pentes raides. Des déclenchements d’avalanches sont possibles par forte surcharge dans quelques pentes décrites dans le BRA.

Risque 3 : Marqué

Le manteau neigeux est plus ou moins stabilisé dans de nombreuses pentes raides. De faibles surcharges peuvent suffire à déclencher des départs d’avalanches, et quelques départs spontanés sont envisageables.

Risque 4 : Fort

Le manteau neigeux n’est pas stabilisé dans la plupart des pentes. De nombreux départs d’avalanches spontanés de taille moyenne à grosse sont à prévoir.

Risque 5 : Très fort

Même en terrain relativement plat, de grosses avalanches sont à attendre.

Règle N5 : être vigilant et savoir renoncer

Toutes les conditions sont réunies, et vous venez de vous engager. En effet, même après avoir respecté les 4 autres règles sus-énumérées, vous devez toujours être vigilant. Être concentré et bien observer votre environnement est une règle en or qu’il ne faut jamais oublier en ski hors-piste. Une crevasse, une barre rocheuse ou une plaque de neige instable n’est jamais loin. Bref, on ne finit jamais de connaitre un terrain. En outre, c’est un travail d’équipe, et chacun doit avoir un œil sur le coéquipier en train de rider. En outre, si le terrain ne vous convainc pas, prière renoncer et reporter votre pratique du ski hors-piste à un autre jour. Il y va de votre sécurité.

Ski hors-piste : les secours

Lors de la pratique du ski hors-piste, vous bénéficiez en cas d’accident de l’intervention des sapeurs-pompiers ou du secours des CRS. L’hélicoptère est le moyen d’évacuation le plus utilisé, et vous n’avez pas de souci à vous faire pour les frais de recherche et de rapatriement. Mais, ceci dans deux cas :

  • d’après la « Loi montagne » de 1985, tout est à la charge de la commune dans laquelle se situe le domaine skiable ;
  • si le domaine où vous pratiquez le ski hors-piste se situe en haute montagne, les secours sont assurés gratuitement par le Peloton de gendarmerie de haute montagne.

Hormis ces cas, il est fort probable que vous participiez aux frais de secours de votre poche si lors de votre accident, vous étiez dans un domaine skiable. D’ailleurs, depuis 2002, la loi donne le droit aux collectivités d’exiger des skieurs une participation aux frais. À cet effet, réfléchissez par deux fois avant de vous aventurer dans un domaine hors-piste !

Ski hors-piste : l’avantage de l’assurance

Pour un skieur hors-piste, le risque n’est jamais loin. À cet effet, souscrire à une assurance pour domaine skiable est une option à ne pas négliger. Cependant, il est important de bien lire le contrat d’assurance afin d’être sûr qu’il prend en compte les domaines hors-piste. Ainsi, vous êtes rassuré qu’en cas d’accident, vos frais médicaux, de secours, de recherche, de responsabilité civile, etc. soient couverts. En effet, les domaines hors-piste présentent aussi bien des risques pour la pratique du ski que pour la prise en charge.

Ski hors-piste : les cas de restrictions

Comme on le dit souvent, le ski hors-piste est déconseillé, mais pas interdit. Ainsi, en cas de risque d’avalanche, les communes ou les préfectures le déconseillent souvent. À cet effet, toute personne qui transgresse cet avertissement peut se voir sous le coup de la loi. Cela est très probable lorsque votre passage provoque une avalanche. Les sanctions peuvent être lourdes, allant d’une amande pouvant dépasser 1000 euros à une peine d’emprisonnement avec sursis. Par ailleurs, vous pouvez être aussi amenés à payer votre secours en hélicoptère qui, lui, coute 90 euros/min de vol. C’est dire donc qu’il vaut mieux se trouver au bon endroit au mauvais moment !

Pierre

Dès que je peux participer à un ultratrail, je le fais ! Avec toutefois plus ou moins de réussite. J'essaye de le finir avant tout.

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